Fanny
Nom de femme: "embrasser Fanny", " baiser Fanny", "faire Fanny", bref, perdre une partie de pétanque sans marquer un point.
Si cuisant pour notre amour propre de méridionaux que cela puisse être, Fanny ne serait pas une fille de chez nous.
Elle était, avant la guerre de 14-18,servante dans café au Grand-Lemps, là haut dans le Nord ( en Savoie plus précisement), et se laissait gentiment embrasser par les clients qui perdaient sans marquer. Ce baiser, donné du bon côté, était une consolation, un petit dédommagement.
Jusqu'au jour où le maire de l'endroit vint à son tour lui demander de le consoler. Fanny avait-elle un grief contre lui ? Toujours est-il qu'elle grimpa sur uns chaise, retroussa ses jupes et lui tendit ses fesses sur lesquelles d'ailleurs, sans se démonter, Monsieur Le Maire fit claquer deux sonores baisers.
C'était le début d'une longue tradition...
Depuis comme les joueurs n'étaient pas toujours sûrs d'avoir sous la main, ou plutôt sous la bouche une gentille Fanny, beaucoup de sociétés ont installé à la place d'honneur, dans les boulodromes, une Fanny postiche devant laquelle les vainqueurs amènent leurs victimes et les obligent à s'exécuter.
C'est ainsi que le baiser de Fanny qui était au départ une récompense , devint une punition.